Deadly Class: L’ostracisme, la représentation de l’adolescence de Rick Remender

Avant de se focaliser sur Deadly Class, il est important de se re situer dans une période très mouvementée de l’histoire musicale. Celle-ci se situe entre les années 1980-1990. Cette époque entamait, plus particulièrement aux U.S. autour de Los Angeles, la seconde vague de mouvement Punk qu’on nomme « le Punk Hardcore » ou « Beach Punk », considérée comme la plus importante pour ce genre.

Cette vague poussera ce sous-genre du punk à son Paroxysme, l’âge d’or de ce genre musical qui ne cessera de gagner en popularité à cette époque. Contrairement à la précédente vague, celle-ci se voyait être particulièrement agressive, plus « hardcore ». Ces deux générations qui étaient censées se retrouver, n’avaient aucune raison de s’affronter. Et pourtant cela fut le cas, cette seconde génération qu’on nommait les « Hardcore Kid » se voyait être bien plus brutale et particulièrement violente dans leur manière de profiter de l’effervescence de cette période très agitées.

  • A gauche Marcus Lopez protagoniste Deadly class dansant le « Skank Kid« , à droite dessin de cette danse célèbre (1980) du hard punk par une artiste iconique de cette période, Shawn Kerri.

Rick Remender, auteur de Deadly Class, a vécu de très près cette période sanglante de ce mouvement Punk, cette nouvelle culture qui s’était bien ancrée dans la capitale de l’Arizona : Phoenix. Son adolescence fut alors décorée par ces actes de violences. Victimes d’agressions physiques, tristement spectateur d’innocents tombés sous les coups de coteaux et de coups de feu. Rick Renember fût frappé par un terrible sentiment d’ostracisme et la peur de vivre dans cet environnement dangereux signa de manière indélébile, son adolescence.

« Une boussole d’éthique, ça serait bien si tout le monde en avait une. Mais il y en a trop qui ne suivent pas les règles »

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©2015-2016 Rick Remender and Wes Craig. All rights reserved.

Appuyé sur des faits réels, accompagné d’une identité graphique forte et riche d’idées originales de mise en scène, agrémentés d’une colorisation minutieusement bien choisit. Le choix de Rick Renember de se porter vers une édition indépendante fût très pertinent, on ressent toute la liberté et l’originalité de chaque collaborateur de ce titre atypique. Une équipe composée de Rick Renember pour la narration, Wes craig pour le travail graphique ainsi que Lee Loughridge à la colorisation.

On suit les différentes étapes du passage très difficile à l’âge adulte de Marcus Lopez. Ayant perdu très jeune ses parents, il s’accroche difficilement à cette nouvelle vie qu’il mène. Ses terribles actes passés lui collant à la peau, il est poursuivi par les autorités afin de mettre fin à ses jours. Sauvé ? est-ce le bon terme ? Il n’en reste pas moins que sa vie fut sauvée par un groupe de jeune sous la direction d’un étrange individu, directeur d’un mystérieux établissement qui n’est d’autre que la plus grande école d’arts létaux : L’académie Kings.

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©2015-2016 Rick Remender and Wes Craig. All rights reserved.

C’est en cherchant fuir à cette nouvelle vie et de prendre un nouveau départ, que Marcus s’est réfugié dans cette école spécialisée dans les arts mortels, tandis que ses autres camarades descendants de grandes générations d’assassins ont intégré cet établissement pour des raisons diverses et variées. Mais la raison principale de la plupart des étudiants est de pouvoir se mettre à labri des lois de ce monde. Pourtant il sera bien difficile à eux de respecter ces 4 règles instauré par l’établissement : tuer uniquement sur commande, pas de sexe, pas de drogue et pas désobéissance.

Sinon la punition est simple : vous êtes supprimé.

Compliquer de s’appliquer aux normes lorsqu’on avait déjà du mal avec celles de la société que l’on a rejetés . De plus, ils se retrouvent en plein centre de cette vague de Hardpunk où la drogue circule en foison, la violence est monnaie courante.

Un héro romantique résistant à cette dose mortelle qu’est la solitude

Marcus Lopez, héro de Deadly Class, ressemble de très près à Rick Renember. Tout au long de la lecture ce même sentiment d’ostracisme l’accompagnera constamment, alors qu’à de nombreuses reprises il refusera d’attraper la main qu’on lui tend pour le sauver. Il réclamera pourtant au plus profond de son être cette aide, et d’être entouré de personnes sur lesquels il peut s’appuyer. Il tentera souvent d’y croire, cependant la réalité en est tout autre.

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Marcus est un personnage intéressant dont j’apprécie particulièrement observer le développement. C’est un héros romantique souffrant de cet isolement qui l’accompagne depuis la perte de ses parents. Pour lui, dans cette société qu’il a rejetée, il est déjà mort et étrangement il a pris goût à ce sentiment. Pourtant même dans cette « grotte » où se regroupe les parias à l’abris de cette même société, il n’est pas à sa place, constamment obligé d’apprendre les mêmes leçons qu’il apprit au-dessus, dans le « monde normal ». Lors de son arrivé le directeur annonça les couleurs, n’étant pas comme les autres ses actions feront de lui un rebelle, un individu toxique à supprimer. Il cherchera à fuir cette solitude si caractéristique des personnages romantiques, cependant celle-ci le rattrapera et tentera de le briser.

Un langage visuel pertinent descriptif de l’époque

Si vous souhaitez faire votre rentrée dans l’école de la composition de BD d’actions, Deadly class est un choix plus que pertinent. Vous allez être servis et à forte dose, mais aucune inquiétude la dose n’est pas létale. Mais suffisante pour capter tout vos sens, tout du moins visuel, à pleins régime.

Les longues recherches sur la réalisation de cette BD se ressentent et cela, dès le tome pilote ! A peine nous nous habituons à la colorisation très attrayante de Lee Loughridge constitué de couleurs pastelles, aux chara design des personnages et à l’ambiance graphique de Wes Craig qui dégage efficacement l’ambiance de l’époque. On est tout de suite frappé par la composition des pages débordantes d’imaginations et d’originalités, tout comme la scène de sauvetage de Marcus avant son intégration dans l’école :

Pas de baisse de régime, l’action file à toute vitesse et le travaille de Wes Craig est là pour rendre tout cela lisible en proposant constamment des idées de mise en scène très intéressante. C’est puissant, intense, grisant, on en redemande à chaque volume en main, telle une drogue. Rick Renember se lâche dans cet ouvrage pleins de rebondissements, une découverte dantesque que je recommande sans hésitation !

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©2015-2016 Rick Remender and Wes Craig. All rights reserved.

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©2015-2016 Rick Remender and Wes Craig. All rights reserved.

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