#7 Découverte : Masato Hisa – Kamuya Ride

Après cette immersion dans le monde de June dans P.T.S.D de Guillaume Singelin, je vous propose aujourd’hui de faire un bond en arrière. Précisément, de 400 ans avant notre ère en terre nippone durant l’ère Yamato à la découverte du chasseur de dieux : Kamuya Ride de Masato Hisa !

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Masato Hisa revisite depuis son premier manga l’histoire, le folklore et les mythes, puisant dans une imagination incommensurable, il n’a de cessée de proposer des œuvres riches aux univers délirants. Passant d’un monde moderne dans lequel des individus puisent leur puissance de personnages historiques afin de repousser une invasion extraterrestre. À l’époque de l’Angleterre victorienne où les dinosaures aux allures de gentlemans auraient toujours existé, maintenant une taille humaine et doués de parole. Ayant même marqué les plus grands moments historiques de l’humanité en se faisant passer comme tels. Enfin au sein de sa récente œuvre Area 51, Masato Hisa démocratise à sa manière un nombre incalculable de mythes et folklores en proposant une histoire originale incroyablement riche, sublimée par son style graphique épousant à merveille l’ambiance loufoque qui en dégage. Suivre les enquêtes de Takuko Magoi alias le détective privé Mccoy fut passionnant, un point plus conventionnel, c’est avec une recette similaire mais sous un fond de Sentai que l’auteur revient aux éditions Vega.

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Edition Casterman – Area 51  © Masato Hisa / Shinchôsa

 

Masato Hisa, sublimer l’histoire par les mythes

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« Prince Ôsu »- KAMUYA RIDE  © MASATO HISA /  © Édition Vega

Il revisite cette époque, prélude de l’empire japonais. Durant l’ère Yamato, le pays est marqué par de nombreuses guerres, des conflits militaires allant aux affrontements idéologiques et religieux. S’ensuivront de nombreuses révoltes qui émergeront au sein du royaume, obligeant la famille royale à les réprimer. En cette époque déjà bien agitée, des dieux locaux autrefois opprimés par le peuple Yamato, ressurgissent en donnant leurs pouvoirs aux plus avides prêts à renverser le royaume. Le jeune prince Ôsu, déterminé à mettre fin à ces conflits et à gravir les titres en prouvant sa valeur à son géniteur le roi Yamato, sera accompagné de Monko artiste atypique qui une fois le pied ancré au sol, revêt de son amure et prend l’apparence d’une entité singulière métaphore de la frontière entre le monde des dieux et celui des hommes. Disposant ainsi de la force nécessaire pour apaiser la colère des dieux : le Kamuya Ride.

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« Monkô alias Kamuya ride » – KAMUYA RIDE  © MASATO HISA /  © Édition Vega

« Je suis celui qui veille sur la frontière entre hommes et divins, la frontière se trouve là où je me tiens. Le monde des hommes commence ici. Dieux et monstres, passez votre chemin ! »

Pour faire régner l’ordre, l’équilibre entre ces deux mondes, Kamuya Ride utilise une arme particulière, symbole représentative de la période Kofune (250 à 538 avant notre ère). Ces monuments funéraires de cette époque prenaient la forme de trous de serrure, la fonction de ces monuments fût mise en place pour les souverains de Yamato. Tandis que les Haniwa, cet art dont Monko est si fier et qu’il cherche à populariser, sont des sculptures en terres cuites représentant des guerriers qui étaient disposés autour de ces tombes, héritages d’un art qui s’est développé durant l’époque Jômon (-11 000 et -400 avant J.C.). C’est en encrant ces reliques dans le sol que Monko puise la puissance du Kamuya Ride, lui permettant de la même manière de matérialiser des armes antiques à la puissance destructrice.

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KAMUYA RIDE  © MASATO HISA /  © Édition Vega

C’est donc sur une base historique, dans un Japon antique que Masato Hisa mêlant action fantastique, invitant divinités locales japonaises et son héros tout droit sorti d’une série de sentai qu’il nous propose ce récit captivant. Des scènes d’actions parfaitement maîtrisées avec une mise en scène toujours aussi efficace. Un style moins gourmand dans son jeu de contraste avec une mise en page soignée pour des affrontements titanesques. L’ensemble accompagné par son style graphique qui s’est peaufiné depuis Jabberwocky qui pouvait parfois manquer de visibilité à Area 51 où il optait pour des idées de mise en pages toujours aussi ingénieuse, où ses jeux de contrastes entre le noir et blanc nous offraient des scènes à couper le souffle. Là où dans ses précédentes œuvres Masato Hisa expérimentait de nombreuses idées, Kamuya Ride est une œuvre prometteuse bénéficiant de l’expérience de ses pédécésseurs et nous réserve donc de belles surprises à l’avenir.

3 réflexions sur “#7 Découverte : Masato Hisa – Kamuya Ride

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