Guillaume Singelin – Interwiew

 

  • Tout a commencé lorsque Guillaume Renard alias Run te reperd pour participer à un projet très ambitieux et original : Mutafukaz ! Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours depuis ton intégration au label 619 ? Et ce que cela t’a apporté au début de ta carrière ? 

J’ai rencontré RUN grâce à Jonathan Garnier qui travaillait à l’époque à Ankama, il connaissait mon travail et m’a recommandé à RUN. J’ai ainsi fait 2 stages d’été à ses côtés durant mes études de graphisme. J’ai d’abord travaillé sur le trailer du tome 0 de Mutafukaz et ensuite sur le premier tome de Doggybags. À la fin de ce 2ème stage, la production du film s’est lancée, et RUN m’a proposé de travailler dessus. J’ai donc quitté mon école pour travailler 9 mois sur la préproduction du film.

Travailler avec Run, m’a bien sûr guidé vers l’édition et au label 619, mais surtout, j’ai pu apprendre avec Run, sur énormément de chose, l’écriture, le dessin, des méthodes de travail, ça a été très enrichissant. Et découvrir aussi le monde du travail, et notamment la bd du côté de l’éditeur.

 

  • Il me semble que tu as également participé à la réalisation du film d’animation de Mutafukaz, quel a été ton rôle dessus ?

Mon rôle a été de travailler sur la préproduction. L’idée était de faire une banque d’image, décors, personnage, story board à partir de la bd, qui pourrait servir aux équipes du film.

De plus le fait de travailler avec une équipe japonaise, et donc avec une certaine barrière de la langue, même si on avait une super traductrice, il était intéressant de pouvoir poser nos idées rapidement en image pour les montrer à l’équipe japonaiseL’image étant un langage universelle, cela fluidifie les réunions.

 

Mutafukaz_0_It_Came_From_The_Moon

Mutafukaz T0 : It came from the Moon

 

 

  • La plupart des BD dans lesquelles tu as pu assister, celle-ci visaient principalement le marché international. Est-ce un choix personnel ou cela est vu en parallèle avec l’éditeur ?

           Pour PTSD, c’est l’éditeur américain qui m’a contacté pour faire un projet, du coup pour moi, l’optique d’une bd éditée aux US était plus alléchante. Grâce aux réseaux sociaux, je sais que des gens hors de France suivent mon travail, du coup faire un livre en anglais était un moyen de leur offrir autre chose que des croquis sur un blog.

 

  • Félicitation pour l’édition française de P.T.S.D. qui est arrivé depuis début mars chez Ankama, avant cela, tu as en grande partie participé à des projets collaboratif tels que MIDLIGHT TALES, The Grocery ou King David. P.T.S.D. est donc ta première BD que tu as réalisé entièrement seul ?

Oui, c’est la première fois que je me suis attaqué à un scénario seul, c’était mon petit défi, et une envie profonde aussi. Mais tous ces projets collectifs m’ont permis d’apprendre de manière inconsciente à mener une histoire, même si j’ai encore beaucoup à apprendre.

 

 

  • L’univers de P.T.S.D, est plus particulièrement des personnages, c’est des aspects que tu avais déjà commencé en grande partie à développer depuis un certain temps ? Aimerais-tu exploiter d’autres élément de cet univers dans un futur projet ?

L’élaboration d’un projet prend en effet toujours du temps (enfin pour moi en tout cas). Même si ça ne vise pas directement un projet concrètement, ce sont plein de recherches qui vise à développer une atmosphère, une ambiance.
Et oui rien ne se perd, donc pour un futur projet il y aura sûrement des éléments qui reviendront, mais pas forcément de façon aussi clair ou concrète. Ça sera peut-être une émotion, ou un travail sur la couleur, ou autre, je ne sais pas encore.

 

  • Revenons sur l’aspect graphique de P.T.S.D, je fus impressionné par le travail réalisé sur les décors urbains, le choix des couleurs et les dessins. Quelles ont été tes sources d’inspirations?

Les principales références sont mon amour pour les villes asiatique, Tokyo où j’ai vécu durant 1 an, Vientiane (au Laos) d’où vient la famille de ma mère et enfin Hong Kong que j’ai découvert grâce au cinéma.
Et du coup les œuvres traitant de ces villes ont été influente aussi, que ce soit Otomo sur Akira, Appleseed qui met une ville qui mixe Tokyo et Hong Kong.

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© Label 619 – Ankama éditions – P.T.S.D – Guillaume Singelin

 

 

  • Comme son nom l’indique, le thème principal de cette BD est le « P.T.S.D », on y trouve aussi de nombreuses autres thématiques plus ou moins personnel. Qu’est-ce qui t’as poussé à l’intégrer dans ce projet que tu as longuement préparé ?

J’avais des thématiques pour le personnage principal, son rapport à l’armée, sa colère, sa solitude, etc. Et en faisant le bilan des films qui m’avait marqué, j’ai trouvé que beaucoup traitaient du PTSD, et je me suis aperçu que ce syndrome me permettait de parler des thématiques précédentes. Je me suis donc documenté sur le sujet, et le tout s’est bien imbriqué.

 

  • Ces temps-ci, tu réalises des illustrations s’appuyant sur le genre SF, d’ailleurs ton Artwork du jeu Overwhelm avait été retenu comme illustration officielle du jeu, est-ce un genre qui te fascine et qu’aimerais intégrer dans une BD ?

L’artwork d’Overwhelm a été vraiment fait pour l’occasion et pour ce jeu en particulier, ils avaient déjà un univers et une direction artistique, mais qui bien sûr rentrait dans mes influences et envies.
Oui bien sûr, j’aime beaucoup la Hard SF, grâce à des films comme Alien. Ce goût pour la SF réaliste est resté (que ce soit via des films ou des romans). Et c’est clairement mon envie principale pour mon prochain projet solo.

Overwhelm

OVERWHELM – Guillaume Singelin artwork

 

  •  Le 7e art et les jeux vidéo sont tes principales sources d’inspiration, Jun est d’ailleurs un hommage à ces deux médiums, on y retrouve aussi des références historiques. Doit-on s’attendre à quelque chose de similaire, mais dans l’univers SF ?

Complétement, je tire mon inspiration de tout, que ce soit des films, série, littérature, graphisme, documentaire, et là en l’occurrence qui touche à la science et au genre de la science-fictionDonc si ce projet se fait, il aura des liens avec certains jeux qui m’ont marqué (par exemple Elite Dangerous).

Guillaume-Singelin-Arts